Les fonctions de la poésie

Publié le par Aru/ki

Les fonctions de la poésie

 

1)    Exprimer des sensations, sentiments (émotions), des idées en les associant pour créer un monde harmonieux

 

-          Haïku (existe depuis le Moyen-âge au Japon) 

 L’étang familier/ Une grenouille saute/ Le bruit de l’eau    Matsuo Bashô

 

-          Parfum Exotique, Baudelaire 

 Montre des correspondances

 

-          En Face, Plupart du Temps, Pierre Reverdy 

Disposition originale des mots dans la page ; pas de ponctuation (caractéristique de la poésie du début du XX°, comme Alcools d’Apollinaire). But du poète : saisir un instant (midi), « fixer un vertige » (esthétique impressionniste)

 

-          Les Regrets, Du Bellay

Cent sonnets pour exprimer son âme de poète alors qu’il est en « exil » à Rome où il accompagne son oncle, cardinal. Il regrette la France. Sonnet I : quasiment un art poétique. Exprime ses sentiments (usage traditionnel de la poésie) ici très personnels => lyrisme de la poésie. Pour Du Bellay, ces sonnets sont ses confesseurs, ses secrétaires (fonction traditionnelle)

 

-          El Desdichado, Nerval, Les Chimères

Résume sa vie en 14 vers. (Le recueil des Chimères n’est composé que de 12 sonnets). Parle de ses sentiments, de ses regrets, de ses rêves (traverser l’Achéron vainqueur), de ses expériences personnelles. Référence à la crise de folie qu’il a fait après la mort de Jenny (interné) mais s’est sorti du cauchemar. Mais il entend toujours les sons des felles aimées (=> Sylvie (nouvelle)). Exprime sa mélancolie avec le ‘soleil noir’.

 

-          Sagesse, Verlaine, Jadis et Naguère (1884)

Elégie. (cf L’Albatros) Exprime sa tristesse, confusion, incertitude, inquiétude, une forme d’effroi, mélancolie, amertume. Aspire à la liberté, à la douceur de vivra, au sommeil (?). Inquiétude native de Verlaine dans tous ses poèmes. Ecrit pour apaiser ses inquiétudes

 

-          Le Pin des Landes, Théophile Gautier, Espana (1845)

Même structure que l’Albatros. L’a probablement inspiré. (Les landes sont le plus grand massif forestier d’Europe). Blessure nécessaire à la « libération », l’expression des sentiments. Vision romantique de la poésie : laisser s’épancher ses émotions. Définition des poèmes : divines larmes d’or : plus qu’humaines, divines, métal précieux, durable, beau => transforme ses émotions en beauté.

 

 

2)    Révéler et célébrer des aspects secrets, « poétiques » de notre monde en revenant à ce qui est premier, en nous faisant voir notre monde comme un monde neuf

 

Révéler des aspects secrets : fonction d’enseignement (cf Fables). Revenir aux « matins du monde ». La poésie se veut souvent « poésie des commencements ».  Anciennement, la poésie révélait/ célébrait les Dieux

 

-          Les Contemplations, Hugo 

Poésie d’inspiration religieuse qui voit Dieu dans chaque élément de la Nature (prend un caractère symbolique=> Dieu)

 

-          Les Biens de ce Monde, René-Guy Cadou

Décrit le poète et sa demeure (le poème) => ce qu’on trouve dans le monde poétique (meubles/mots magiques : ont un pouvoir sur nous : conduisent à imaginer, à s’émouvoir (comme des personnes)). Les nœuds de bois nous ramènent vers l’origine. 1 mot peut libérer de multiples significations (verni a une odeur de miel qui peut se transformer en essaim) : tout part de la sensation. => Poème matin du monde où poussent des arbres nouveau-nés (qui deviendront des meubles ?)

 

-          Aube, Rimbaud, Illuminations (1873- 1875)

Poème en prose (mais octosyllabe ouvre et conclue). Décide de célébrer un moment : l’aube : réveil, commencement, « matin du monde » => allégorie de la création d’un poème. Poète crée un tableau. Il chasse l’aube, cet instant exceptionnel. Comparée à une déesse de Lumière (rosée= pierreries). La poursuit dans une ville de Venise. Expérience sensible, sentimentale. (Mais peut-être n’est-ce qu’un rêve) ; Poème donne naissance à l’Aube, à la poésie, à l’adulte (« l’enfant » tombe : l’adulte se relève). Célèbre la Nature

 

-          La Maison du Berger, Alfred de Vigny (1864)

Révèle et célèbre les aspects cachés de la Nature => demande de quitter la civilisation car il n’y a pas de liberté. Aspect religieux de la Nature : montre un nouveau visage. Silence austère s’oppose au bruit des villes.

 

-          Les Petites Vieilles, Les Fleurs du Mal, « Tableaux Parisiens », Baudelaire

Baudelaire célèbre la ville. Donne à ces êtres un caractère charmant (ont gardé leur enfance).

 

-          A une passante, Les Fleurs du Mal « Tableaux Parisiens » Baudelaire

Exprime ses sentiments : regret de ne pas pouvoir connaitre la passante. Typique de la vie moderne, de la ville. Célèbre une partie de cette ville (passante). Femme belle mais triste, douloureuse (quasiment statue) : beauté qu’aime Baudelaire. Mais aussi ouragan : femme est la beauté dans son caractère fugitif : allégorie de la Beauté que quête le poète, personnalisée dans son aspect moderne

 

-          Le Cageot Francis Ponge, Le Parti Pris des Choses (1942)

Poète contemporain, révéler la beauté des objets du quotidien : la poésie de l’objet. Cageot devient personnage naïf. Vu comme une prison fragile, éphémère et vulnérable => L’Huitre

 

-          Le Porc Claudel, Connaissance de l’Est (1900)

Exemple « limite » de la connaissance poétique du monde, de la mise en poésie des choses banales et à première vue peu lyriques.

 

 

3)    Entrainer vers (ou créer) un monde imaginaire, exotique, onirique, idéal, invisible

 

Invisible car poésie est la transition entre le monde visible (matériel) et invisible (monde des idées)

 

-          Fables de la Fontaine : animaux parlent

 

-          L’Invitation au Voyage, Parfum exotique  Baudelaire

 

-          Elévation

 

-          Le Mendiant, Hugo, Les Contemplations (1856)

(Religieux ont une vie contemplative : regardent plus loin, vers un autre monde : celui de Dieu) Passe vers un autre monde par la description du manteau : le poète a métamorphosé une réalité en une autre grâce aux métaphores. Mendiant plus proche du monde spirituel car n’a rien. Invite le poète (aussi proche du monde spirituel) à faire cette métamorphose.

 

-          Le Bateau Ivre, Rimbaud, Poésies (1870-1871)

 

-          Plume au Plafond, Henri Michaux, Plume (1938)

Eléments contextuels sont réalistes mais monde du rêve/cauchemar : monde onirique, proche du notre : entre-deux. Métaphore permet la métamorphose. L’auteur joue sur la frontière entre réel/onirique et prose/poésie (cf Ponge, Proèmes) => rythme travaillé. Plume : représentation humoristique de l’écrivain inadapté au monde (fait ce qu’il ne faut pas)

 

 

4)    Une force de contestation des habitudes, propre à dénoncer la violence, les malheurs (…) et à célébrer la liberté : la poésie engagée

 

Dénonce toutes sortes de maux (oppression, malheur…). Force de contestation des habitudes (langage différente : nous conduit à nous séparer des habitudes, des clichés)

Grand sujet du Bac : la poésie est-elle une force de contestation ? Pour les Parnassiens, non, on la dévie, la pervertie. Mais dans l’histoire, plusieurs poètes l’ont utilisée.

 

-          Mélancholia, Hugo, Les Châtiments

Dénonce le travail des enfants. Titre inspiré par une gravure de Durer

 

-          Fables de la Fontaine : intention critique, satirique

 

-          La Maison du Berger, Vigny

 

-          Les Châtiments, Hugo

Symbole de la poésie engagée. Poésie prophétique : Dieu punira LNB (Hugo appelle sur lui les châtiments divins). Raconte l’histoire de la famille (cf Napoléon I puni par dieu : L’Expiation) Dans le poème VII, 1 Hugo se prend pour un prophète de la Bible, Josua (qui sonne de la trompette pour faire tomber les murs de Jéricho) => « Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée ». Josué est le prophète, le poète, épris de liberté. Le roi est LNB… La trompette est la poésie, clairon de la pensée.

 

-          Strophes pour se Souvenir, Aragon, Le Roman Inachevé

FTP : Francs-Tireurs Partisans, groupe Manouchian. Cf l’ « affiche rouge » sur laquelle on avait écrit « Morts pour la France »

 

-           Desnos (mort en déportation en 1945), Destinée Arbitraire (1943-1944): veut la contrarier => Ce cœur qui haïssait la guerre : cf  Liberté, Eluard

 

Monde poétique : monde du poète mais aussi monde où nous pouvons pénétrer, où nous ressentons (si nous les comprenons) les émotions et idées du poète, parfois moins solitaire, en résonance. Poésie essentiellement langage, mots. Mais différence entre monde poétique et monde des mots.

 

 

5)    Jouer avec les mots

 

Différent d’utiliser les mots. Jeu sur mots, images, rythmes, sonorités (de l’art poétique de Verlaine : « de la musique avant toute chose ») => poète crée un nouveau langage, voir une nouvelle langue (Rimbaud, Mallarmé) et l’apprend aux autres.

 

=> Introduire dans l’expression la liberté : ne répond pax aux règles du monde commun : souplesse dans l’usage de la grammaire, possibilité de disposer les mots dans la page (calligramme : dessiner avec les mots) ; liberté de l’interprétation (emploi commun : unisens des mots : évite les quiproquos, les malentendus : fonction utilitaire du langage). Fonction « émotionnelle » de la poésie, possibilité d’association des mots : émerveillement, découverte : dans L’Amour la Poésie (sans ponctuation : multiples interprétations du titre), Eluard dit « La terre est bleue come une orange ». => polysémie, connotations des mots.

« La poésie arrive et nous touche » Moïses Pascual    « Les mots sont les passants mystérieux de l’âme » Hugo (opp. Art poétique de Boileau)

 

Calligramme : JB Thomas : Le poème de l’Echiquier

 

=> On a accusé Hugo d’avoir »violé la langue française », d’être un révolutionnaire de la littérature, d’avoir assassiné la poésie classique. Il répond « oui ». (Il faut assumer ses crimes)

=> Réponse à un Acte d’Accusation, Les Contemplations :

En libérant les mots, on libère les idées. Introduire un souffle de nouveauté dans le monde => « Changer la vie » (Rimbaud) en changeant les mots

 

Œuvre d’abord de destruction : le dadaïsme : Manifeste Dada (1918) : contestation radicale du monde qui a créé la IWW : nier l’hypocrisie sociale (anarchistes) => libérer les forces de la vie, non logiques, contradictoires, grotesques

Suivi par le surréalisme (terme inventé par Apollinaire) : Eluard, Aragon, Desnos, Breton… (En peinture : Dali, Magritte, Chirico…). Reprend l’expression de Lautréamont ( ?) « belle rencontre d’un fer à repasser et d’une machine à coudre sur une table de dissection »

 

ð  « Le cadavre exquis boira le vin nouveau » : jeu surréaliste où chacun écrit un mot sans connaître le précédent. OU : on répond à une question sans la connaître (« Qu’est-ce que la mort ? C’est une femme qui crie dans la nuit) : la plupart du temps, il y a un rapport entre la question et la réponse. Dadaïsme + surréalisme : Œuvre commune

 

-          André Breton : L’Union Libre, Clair de Terre (1931) 

Jeu de mots : union libre entre les âtres et les mots. Parle de quelque chose d’assez matériel (à la base) : célèbre le corps de la femme à travers l’évocation poétique de parties de son corps (=> poésie des blasons (célèbre les parties du corps de la femme) depuis le MA). Association d’idées et d’images

 

-          L’Instant Fatal Raymond Queneau (1966)

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claychoupinette 02/06/2009

Mais alors? No poems? Bouin? Biberon? O_O
*clay est encore en choc post-traumatique primaire, et a besoin d'assouvenir ses pulsions lyriques...enfin, aussi besoin de réviser la poésie pour le bac xD*