Sénèque ou les jeux de la cruauté

Publié le par Aru/ki

Sénèque était un stoïcien, précepteur de Néron. On observe dans son théâtre une dégénérescence de la violence ritualisée en une violence déchainée, exacerbée (*pour ceux qui ont une imagination visuelle, imaginez (les sensibles sont priés de passer directement au paragraphe suivant) au théâtre, vous regardez une pièce bien loooongue sur le Destin, et soudain débarquent sur la scène 30kg de viande fraîche et saignante (en un seul morceau, un beau steak, quoi) grossièrement enroulé dans un pseudo linceul, et voilà que l’actrice principale (qui hurle à s’arracher les poumons) au milieu de ses glapissements inarticulés se jette dedans et roule (avec la viande) d’avant en arrière sur la scène, laissant un beau sillage bordeaux sur son passage…* (*la direction se doit de préciser que cette histoire vraie (Aki au théâtre en 2008) est une version soft de la représentation de l’époque, où l’on exécutait les gens sur scène (pourquoi pensez vous qu’Aru ait pris la peine de mentionner qu’il était précepteur de Néron ?*)

Le théâtre a un fort lien avec le corps (et donc fait naître le scandale), *ce qui rappelle, dans une certaine mesure, le christianisme, avec l’exhibition (un rien indécente si on y réfléchit) du Christ sur la Croix lors de la Passion (lien entre ce nom et la catharsis ?)*. On peut également signaler que, jusqu’au XVIII° siècle (cf théâtre baroque), les exécutions publiques étaient théâtralisées (par exemple dans la Reine Margot de Dumas, l’exécution du chevalier de la Mole).

Dans ses pièces de théâtre, comme Phèdre (parfois nommée Hippolyte), il n’y a plus d’effroi métaphysique, comme chez Eschyle, mais une véritable complaisance dans l’étalage de la boucherie : *le théâtre devient une forme des jeux du cirque, qui provoque la jouissance perverse en se basant sur le principe du voyeurisme*…

PS: Nous avons recemment reçu des commentaires disant que les articles étaient un peu court (une fois netoyés de leurs digressions). Nous vous rappellons que ce blog n'a pas l'ambition d'étudier en profondeur chaque auteur, mais simplement de donner des clés de lecture et des bases (basiques) sur l'oeuvre. Il faut également préciser que nous sommes au tout début de l'histoire littéraire, et que, bien entendu, les articles sur Shakespeare ou Baudelaire seront un rien plus longs...
(les pièces étant en plus ici pour la plupart attachées à la mythologie, nous ne prenons pas la peine de donner de résumés. Si vous venez à penser que ceux ci pourraient être nécessaires, n'hésitez pas à nous le faire savoir. Personne ne vous mordra!!!! (enfin, si, peut être Aki, mais pas pour ça en particulier)

Publié dans Théâtre

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Clayrillon 07/04/2009 22:47

Ho! C'est mon ami Sénèque! Qui dit que nul n'est mauvais fréquemment de manière tenace! xD Enfin...d'après la CORRECTION de latin, il porte en effet un regard extêmement noir et violent sur la nature humaine où nous sommes tous des animaux assoiffés de sang...

Ca me rappelle un autre texte en latin (d'ailleurs mieux traduit xD) où on racontant la performance d'un acteur qui, jouant Electre pleurant sur les cendres d'Oreste, avait joué en prenant les cendres de son défunt fils, afin que ce soient des larmes réellement sincères...enfin, c'est toujours plus soft que la viande fraîche sur scène (plus lyrique, aussi)

*trop courts? il faut déjà que j'arrive à TOUT lire pour essayer de mettre des commentaires gentils et intelligents partout xD hmm moi je dirais juste, mets plus d'imaaaaages!

Aru/ki 08/04/2009 21:29



Comment??? Nul n'est mauvais fréquemment de manière tenace??? Dieux du Ciel et de sEnfers, quelle affirmation!!: ^.^


Mais oui, mais oui, je vais mettre des images!!! (Un jour peut-être!! nan, en fait pendant les vacances!!!)


Ouais!!! Vive les anecdotes glauques!!!